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Bilan
et perspectives du système sanitaire
Dés le lendemain de son accession à l'indépendance, la
République de Djibouti a fait son choix en matière de la politique
sanitaire en adhérant à la déclaration d'Alma Ata de 1978 visant
par le développement des soins de santé primaires, à la santé pour
tous.
Ce choix a été concrétisé par la loi sur l'orientation
économique et sociale pour la période 1983-1989. Cette politique
avait pour objectif d'intégrer le activités curatives et préventives
par l'application judicieuse de soins de santé primaires avec le
plein consentement et la participation totale et spontanée des collectivités
humaines concernées.
25 ans après où on est notre système de santé ? Pour
répondre à cette question, il faut savoir d'abord qu'à l’accession
à l'indépendance, notre pays ne disposait que de 3 médecins nationaux.
Aujourd'hui, en dépit des efforts importants, le personnel médical
national reste largement insuffisant par rapport aux besoins réels.
Le ratio est de 1 médecin pour 18000 habitants (norme OMS= 1/10000
habitants).
Le même constat peut être fait pour ce qui concerne le
personnel para médical. En effet, si depuis l’accession à l’indépendance
225 techniciens et techniciens-adjoints ont été formés par le Centre
de Formation du Personnel de la santé (CFPS), le ratio infirmier
diplômé d'Etat est de 1 pour 5500 habitants (norme OMS= 1/3000 habitants)
alors que le ratio sage-femme/ accouchements est de 1 pour 650 accouchements
(norme OMS= 1/500 accouchements).
Pour ce qui concerne les structures sanitaires, l'héritage
laissait aussi à désirer. Outre l'hôpital général Peltier et les
dispensaires Pierre Pascal et Paul Faure, on dénombrait une douzaine
de centre de soins repartis dans les quartiers de la capitale et
dans les districts de l'intérieur du pays.
Ce qui fait que les efforts des nouvelles autorités ont
porté sur la construction de nouvelles structures sanitaires, la
réhabilitation et l'extension de celles existantes dans l'ensemble
du pays pour assurer une large couverture sanitaire de la population.
Ces activités sont accompagnées d'une modernisation des
équipements et des techniques employées. Grâce à ces efforts, la
situation sanitaire avait commencé à dessiner une amélioration sensible
dans le sens d'une réduction de la mortalité infantile de 200 pour
mille à 114 pour mille.
Cette tendance est malheureusement annihilée à partir
du début des années 1990, par la guerre civile dans les régions
nord et ouest du pays, l’afflux en nombre important des populations
des pays limitrophes (30 à 40 %), les restrictions budgétaires ainsi
que l’accentuation de la pauvreté.
Faible
performance du système de santé
Les indicateurs du système sanitaire témoignent de l’échec
des politiques engagées de ces premiers 25 ans d’indépendance.
Les structures de santé sont insuffisantes. Actuellement,
elles sont environ au nombre de 44, soit 1 pour 14545 habitants
(1 pour 8000 en zone rurale et 1 pour 20000 en zone urbaine où vivent
plus de 75 % de la population du pays).
Le taux de mortalité infantile, conséquence directe des
anémies carentielles et d’une malnutrition aiguë, qui est passé
de 200 pour 1000 naissances vivantes à 114 pour mille stagnée depuis.
L’espérance de vie est faible : 49ans.
Les maladies transmissibles ont connu une progression
régulière.
Le nombre des malades de la tuberculose a doublé au cours
de la décennie 90. Il est estimé actuellement à 4000 cas par an.
Les formes pulmonaires dangereuses parce que contagieuses sont de
loin les plus importantes.
Difficultés économiques, forte augmentation de la densité
de la population dans certains quartiers de la capitale, promiscuité,
dégradation des conditions d’hygiène et consommation du khat sont
autant des facteurs responsables de la propagation du Bacille de
Koch et de la pérennité de l’endémie tuberculeuse. Autre maladie
transmissible, le paludisme dont la prévalence était insignifiante
avant 1977 s'est installé au lendemain de l’accession à l’indépendance
et constitue aujourd’hui un problème important de santé publique.
On enregistre actuellement 5000 cas du paludisme par an. Il est
l’un des principales causes de mortalité chez les adultes.
Des nouvelles maladies émergent dangereusement. C'est
le cas par exemple de VIH/SIDA dont la prévalence augmente parmi
la population générale alors qu'il touchait avant la décennie 90
les groupes à risques que sont les prostitués et les filles de bar
etc...
Les
causes
Cette situation est due aux carences de notre système
de santé qui s'expliquent par plusieurs facteurs. Au premier rang,
on peut citer l'accès facile aux soins et la gratuité des prestations
qui attirent les habitants des pays limitrophes (Ethiopie, Erythrée
et Somalie).
C’est ainsi que la zone d'attraction du programme national
de la tuberculose ( un de meilleurs d'Afrique sub-saharienne) s'étendrait
ainsi sur un rayon de 800 km autour de la ville de Djibouti.
Par ailleurs, une population immigrée estimée à 120000
âmes vit en permanence dans notre pays et utilise les structures
des soins des différents niveaux. Cette surcharge se représente
sur les prestations des soins.
Le second facteur de la carence de notre système de santé
est la conception du système de santé hérité du colonialisme et
tourné vers le curatif qui laisse peu de place aux soins de santé
primaires.
Le troisième facteur est l'absence de politique sanitaire
clairement définie, décentralisée avec hiérarchie des niveaux de
soins. A ceux-là s'ajoute une mauvaise gestion des moyens humains
et matériels existants et une vétusté des infrastructures ayant
rarement bénéficié d'entretien.
Perspectives
d’avenir
Après analyses et études de la plupart des composantes
du secteur de la santé menées par le ministère de la santé par le
biais du bureau du projet santé mis en place en 1993 avec le concours
financier de la Banque Mondiale et l’appui technique d’un bureau
d’études français, le CREDES, des propositions de réformes globales
ont été élaborées et entérinées en juin 1996 par le gouvernement.
Ces propositions de réforme du système de santé national
devaient par la suite être présentées pour financement aux bailleurs
de fonds au cours d’une table ronde sectorielle dont la tenue a
pris beaucoup de retards en raison des mesures restrictives du programme
d’ajustement structurel. Elle a eu lieu finalement du 11 au 13 février
2002 au palais du Peuple à Djibouti et a été un succès.
Placée sous le haut patronage du Premier Ministre M.
Dileita Mohamed Dileita, cette conférence a réuni durant deux jours,
des représentants d’institutions comme la Banque Mondiale, L’Organisation
Mondiale pour la Santé (OMS), la Banque Africaine de Développement
(BAD), la Banque Islamique et le Fonds Saoudien pour le Développement
entre autres.
Cette table ronde des partenaires aux développements
et bailleurs de fonds était destinée à examiner le financement du
programme de réforme du système de Santé élaboré conjointement par
les experts du Ministère de la Santé et du Ministère des Finances
et de l'Economie, en collaboration avec le Centre de Recherches
et d'Etudes pour le Développement de la Santé (CREDES).
Ce programme de réforme du système de Santé évalué à
50.000.000$ équivalent à environ 9.000.000.000 de FDJ est étalé
sur une période de cinq ans. Il définit les plans d’un programme
national pour le renforcement des infrastructures d'accueils et
l'amélioration des soins de santé dans l'ensemble du pays et préconise
également l'harmonisation des bases de gestions des Centres de Santé
Communautaires.
La Banque Africaine pour le Développement et la Banque
Mondiale, ont promis une assistance technique et financière d’appui
aux programmes de réformes de la Santé, tout comme la Coopération
française et l’Union Européenne ont fait part de la disponibilité
de leur institutions pour soutenir ce programme.
Dans le même cadre, le Fonds Saoudien pour le Développement
a quant à lui annoncé un prêt de 5.000.000$ à la réalisation de
certains projets relatifs au programme de réformes santé.
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