|
Conforté
par sa souveraineté, notre peuple s'engage à prendre un nouveau
départ, le 9 avril 1999, en s’appuyant sur son histoire et les acquis
des deux dernières décennies.
Ce este constituera un
moment fort de remémoration du long et difficile chemin parcouru
et des difficultés surmontées.
Il consacrera le dur labeur
de construction d’une Nation, aujourd'hui unie et démocratique,
fière de la richesse de ses diversités culturelles, qui n'a cessé
de combattre l’exclusion sous toutes ses formes, pour réussir la
cohésion sociale, assurer l'égalité des chances et veiller à la
participation et aux droits de tous ses membres.
Cet engagement sera celui
des Djiboutiens et des Djiboutiennes, tous liés par la solidarité,
des générations, des conditions et des régions, unis dans un même
esprit civique. Ils travailleront de concert pour réaliser un projet
de vie, dans le souci de rendre leur pays meilleur, en tendant la
main de surcroît à ceux et à celles qui viennent à partager leur
vie et leurs espoirs.
Le 9 avril 1999, si le
Tout-Puissant le veut, nous serons réunis pour écrire un nouveau
chapitre de notre histoire, pour mieux maîtriser et conduire ensemble
le processus de développement d'une société libre et émancipée,
ouverte au dialogue, tolérante, qui prône la paix entre les peuples.
Confiants en ces valeurs
qui font notre force et qui guident notre vision, nous devrons,
au cours du millénaire prochain, relever de nouveaux défis, saisir
les possibilités qui s'offrent à nous, en puisant nos forces créatrices
d'abord dans nos propres capacités, et en s’appuyant avant tout
sur notre propre et ferme volonté de réussir notre engagement.
Préparer l'avenir de générations
plus citoyennes, dans un pays qui préserve l'identité, la dignité
et la fierté de chacun et de chacune, n'est réalisable que si nous
conjuguons et combinons tous les atouts à notre avantage.
Telles sont les obligations
qui s'imposent à nous, afin que nous réalisions la « République
de Djibouti du vingt et unième siècle » vers laquelle tendent
nos vœux.
Néanmoins, nous devons
être unis pour réaliser tous ces objectifs, renforçant notre volonté
de vivre ensemble.
Mes chers compatriotes,
Notre pays peut légitimement
aspirer à une exceptionnelle réussite en se fondant sur les ressources
naturelles et humaines, et sur les concepts de compétence, de conscience
professionnelle, de justice et de sens civique.
Aujourd'hui, à travers
ces écrits, en utilisant le langage de la vérité, et sans formuler
de promesses électorales, je propose, à mon peuple et à mon pays,
ma contribution à la réflexion sur notre devenir, un projet de société
que nous enrichirons ensemble.
Servir la Nation pour
améliorer les conditions de vie des citoyens, instaurer et réussir
la bonne gouvernance, insuffler une nouvelle vivacité pour développer
l'économie, amorcer puis accélérer la croissance économique, préserver
la paix, renforcer l'unité et la souveraineté nationales sont des
objectifs qui ne peuvent se concrétiser par l'action ou par l'intention
d'un seul homme.
L’expérience acquise auprès
du Fondateur de la Nation AI Hadj Hassan Gouled Aptidon m'a rendu
plus aguerri pour servir loyalement les Djiboutiens et les Djiboutiennes,
lesquels ne m'accorderont leur confiance que si je l'ai méritée.
Ismaïl Omar Guelleh,
candidat à la magistrature
suprême de l'alliance RPP/FRUD
Le Nom du lien de notre Communauté
Pour nous éviter le fatalisme
et l'impuissance sociale, qui nous obligeraient à ne pas réparer
des situations de misère, en oubliant l'espérance qui justifie notre
action et sans voir que notre société accouche d'une ère nouvelle,
où les Djiboutiens peuvent se reconnaître et s'assumer de plus en
plus comme sujets, acteurs de leur devenir personnel et collectif,
notre société, nos associations, nos entreprises doivent se révéler
comme des communautés d'intention et des communautés de désir, et
non plus comme des machineries juridiques, biologiques ou économiques.
Le lien social, dans une
communauté de personnes responsables telles que la nôtre, est un
lien de Sens. Aussi avons-nous tous ensemble à répondre du Sens
dans lequel nous nous engageons et nous engageons individuellement
la Communauté nationale au sein de laquelle nous évoluons et agissons.
Une communauté d'engagement
mutuel dans un Sens commun de développement, d'évolution et de progrès
humain, constitue une communauté de frères.
La fraternité, qui s'exprime
par les sentiments, par l’entraide matérielle ou la reconnaissance
mutuelle, est surtout une question de partage d'une communauté de
vie, vouée à l'accomplissement humain au travers de nos actes dans
la communauté sociale où nous agissons.
La bonne volonté, c'est « la volonté
bonne », l'intention orientée vers le bien commun, celui de la communauté
de destin et de désir à laquelle participe notre concitoyen, à sa
manière.
La fraternité, c'est cet
engagement de bonne volonté qui concourt à la communauté de destin
et cherche à la faire partager à notre concitoyen qui en est parfois
exclu. Pour toutes ces raisons, la fraternité au sein des enfants
de notre Nation est le nouveau nom de notre lien social, celui de
la relation orientée et engagée qui fonde notre communauté de devenir.
Par notre engagement fraternel
dans notre communauté, nous devenons acteurs de fraternité pour
renouveler notre société et participer à l'espérance, aujourd'hui,
dans les formes neuves, inattendues d'un âge d'humain, d'un âge
du Sens, d'un âge de la communauté sociale engagée, volontairement
entreprenante pour son accomplissement commun.
En général, on s'accorde
à dire qu'il est sage pour une Nation de s'investir pleinement dans
le développement pour l’amélioration des conditions de vie de ses
membres. Or, sous la contrainte de ressources limitées, le consensus
disparaît dès lors qu'il est question d'établir des priorités dans
les moyens à utiliser pour atteindre cet état de développement.
Néanmoins, pour arriver
à la réalisation de son plein potentiel, apporter sa pierre à l'édification
de la richesse de la communauté tout entière, constituer le catalyseur
du progrès de la collectivité, le citoyen doit posséder les moyens
de sa capacité d'action. Or, cette capacité d'agir est le fruit
de l'assouvissement des besoins humains du citoyen, tels l’accès
à la nourriture, à l'eau, aux soins, à l'éducation, et à bien d'autres
besoins comblés par un environnement viable.
Parallèlement à ces besoins,
le citoyen jouit du respect des droits inhérents à son humanité,
à l'égalité des sexes et à une saine conduite des affaires de la
Cité.
A l'aube du XXIE siècle,
notre communauté n'a ménagé aucun effort, a dépensé une énergie
considérable pour faire de notre pays un lieu de vie socialement
animé, uni et prospère.
Si nous considérons que
les actions de construction et de structuration d'une Nation ne
se réalisent dans le temps que dans la mesure où elles intègrent
progrès matériel et aspirations spirituelles fondamentales, qu'elles
prennent en compte le bon voisinage et l'interdépendance des Nations
et qu'elles mettent en place le cadre indispensable permettant aux
populations de faire leurs la gestion des affaires publiques, alors
nous avons réuni les conditions essentielles à l'établissement d'une
Communauté viable.
Pour renforcer demain,
de manière coordonnée, le profil du projet de développement de notre
communauté dans un monde en pleine mutation, il nous sera indispensable
d'être fidèle à un concept de politique, de stratégies, d'orientations
et d'objectifs conformes à la dimension foncièrement spirituelle
de notre société et capable de donner la primauté au développement
intellectuel, éthique et moral de la personne humaine.
C'est dans un tel lieu
que le citoyen sera capable de s'engager de manière constructive,
de s'orienter vers le service de son prochain, de travailler pour
le bien-être matériel et moral de la communauté et de partager le
sentiment d'une mission commune, celle de redessiner notre société
autour des principes de l'honnêteté, de la modération, de l'humilité,
de l'hospitalité, de la justice et de l'unité.
En adoptant ces principes,
il nous est plus facile de nous lancer dans la dimension matérielle
du développement de notre communauté en termes économique, politique,
social et environnemental.
En reconnaissant la famille
comme pilier et principale source de valeur pour notre société,
notre communauté nationale se donnera les moyens pour former des
citoyens responsables et se constituera en cadre physique, social,
économique et juridique.
Pour vivre dans une société
juste et équitable, chacun de nous doit prendre conscience des liens
inextricables qui unissent nos intérêts particuliers à ceux de la
communauté. Chaque citoyen se doit de s'engager à respecter aussi
bien les droits que les devoirs et les responsabilités y afférant.
Enfin, nous devons être
convaincus qu'en accueillant les femmes en partenaires à part entière
dans tous les domaines des activités de notre communauté, l'individu,
la famille et la Nation prospéreront et progresseront.
Ainsi, par ce système
de gestion des affaires plus participatif, permettant aux populations
de prendre en charge les mécanismes et les institutions qui affectent
leurs vies, par ce système démocratique - dans l'esprit et dans
la méthode - qui se diffuse à tous les niveaux de notre société
et qui renforce la consultation et le dialogue, par cette nouvelle
conception qui trouve son expression dans la décentralisation, expression
concrète de la justice et instrument essentiel de la prise de décision,
nous nous donnons les moyens d'atteindre sûrement notre destin commun.
L’État de droit
Notre identité se reconnaît
à notre culture, qui en est le fondement. Elle a fini par se confondre
avec notre État de droit.
L'État de droit est un
État dans lequel il existe une suprématie de la légalité sur toute
autre norme. La jouissance et l'exercice effectifs des droits et
libertés individuels et collectifs y sont assurés dans le respect
des lois.
L’État de droit suppose
donc la défense des valeurs de notre République, l'approfondissement
permanent de la démocratie, la garantie de l'indépendance de la
justice, la promotion de la bonne gouvernance et le maintien de
la sécurité et de la paix. Cette voie ne pourra être préservée que
dans un partenariat sans faille entre l'exécutif, le législatif,
le judiciaire, la société civile et l'ensemble des forces vives
de la Nation.
Il s'agit par conséquent
d'enseigner au citoyen son rôle primordial dans l'affirmation et
la consolidation de l’Etat dans ses structures, ses prérogatives,
ses signes et ses symboles. Pour cela, nous devons susciter une
forte prise de conscience de nos droits et devoirs et la faire partager
à nos enfants.
Pour une éducation intégratrice
et citoyenne
Le premier lieu d'éducation
aux valeurs de la République est naturellement la famille. Auxiliaire
de l'action des parents, l'école, qui a pour mission l'instruction,
doit également servir la culture des valeurs civiques chez nos enfants.
Aussi est-il indispensable
que tous nos enfants fréquentent ce lieu où se dispense le savoir,
instrument irremplaçable pour promouvoir l'égalité des chances.
C'est dire combien est déterminant le rôle des enseignants et des
parents dans la promotion et la défense d'une école qui forme la
conscience citoyenne.
La citoyenneté qu'il nous
faut promouvoir est celle qui éduque au respect des institutions
publiques, ainsi que des lois; c'est celle qui inculque le goût
du travail bien fait et la rigueur dans l'effort; c'est celle qui
apprend le respect dû aux aînés et aux patrimoines communs; c'est
celle qui s'attache à la défense des biens publics, à la primauté
de l'intérêt général et au devoir de solidarité vis-à-vis de nos
concitoyens les plus vulnérables.
L’accès à l'éducation
est un droit énoncé dans la Déclaration universelle des droits de
l’Homme de 1946. :L’éducation est un droit fondamental de chaque
citoyen, qui doit avoir la possibilité d'acquérir et de conserver
un niveau de connaissance suffisant.
Si chaque citoyen a des
caractéristiques, des intérêts, des aptitudes et des besoins d'apprentissage
qui lui sont propres, notre système éducatif et les programmes appliqués
doivent être conçus de manière à tenir compte de cette diversité.
En inventant un système
pédagogique centré sur l'enfant, l’école sera le moyen le plus efficace
pour créer des communautés accueillantes et pour édifier une société
intégratrice.
En donnant une des priorités
les plus élevées, dans notre politique et dans le budget de l'Etat,
à l'amélioration de notre système éducatif, nous le doterons des
moyens d’accueillir tous les Djiboutiens, indépendamment des différences
ou difficultés individuelles.
En encourageant et en
facilitant la participation des parents à la planification des mesures
prises pour répondre aux besoins, éducatifs des enfants et aux décisions
prises en la matière, grâce à un mécanisme de décentralisation,
de participation et d'évaluation. il sera possible d'identifier
rapidement les besoins, d'intervenir sans délai et de consacrer
des efforts accrus et plus efficaces à la mise au point de nos stratégies
pour une éducation intégrée et citoyenne.
L’idée principale qui
guide mon plan d'action est que l'école doit accueillir tous nos
enfants, quelles que soient leurs caractéristiques particulières,
physiques, intellectuelles, sociales, affectives, linguistiques
ou autres. Elle se doit d'être adaptée pour recevoir aussi bien
les enfants handicapés que les surdoués, les enfants de la rue que
ceux des populations isolées ou nomades.
Il est certain que ces
actions engendreront une série de défis pour notre système scolaire.
Mais nous ne devons pas
oublier que l'éducation, que j'appelle de mes vœux, intègre les
principes avérés d'une bonne pédagogie.
Enfin, « une école centrée
sur l'enfant » féconde en outre le terrain d'une société orientée
vers le citoyen, qui respecte les différences et la dignité de tous
ses membres.
Depuis notre accession
à l'indépendance, nous nous sommes efforcés, dans tous les secteurs
sociaux, d'encourager l'intégration et la participation pour combattre
l'exclusion.
L’intégration et la participation
sont essentielles à la dignité humaine et à la jouissance de l'exercice
des droits de l’Homme.
Dans le domaine de l’éducation,
cela s'est traduit par la mise au point d'une éducation intégrée,
capable d'offrir un cadre qui se prête à l'égalité des chances et
à la pleine participation. Son succès exige un effort concerté de
la part des enseignants, des parents et de l'administration.
Un se fondant sur le principe
des différences chez les êtres humains, l'apprentissage doit être
adapté aux besoins de l'enfant, au lieu d'essayer d'obliger l'enfant
à s'adapter à des hypothèses établies en terme de processus d'apprentissage.
Ainsi, « une pédagogie
centrée sur l'enfant » est bénéfique pour tous les élèves et donc,
pour toute la société. Et l'expérience nous a montré qu'elle peut
réduire sensiblement le nombre d'échecs scolaires, assurer un niveau
plus élevé de réussite scolaire.
Mais surtout, une telle
pédagogie peut nous aider à éviter le gaspillage des ressources
et l'anéantissement des espoirs, qui résultent trop souvent d'une
éducation du type « ce qui est bon pour l'un est bon pour
tous ».
La réforme des institutions
que j'engagerai n'est pas seulement une tâche technique, elle dépend
surtout de la conviction, de l'engagement et de la bonne volonté
de tous les membres de notre société.
1 – L’école intégratrice
part du principe fondamental que tous les enfants d'une communauté
doivent apprendre ensemble, dans la mesure du possible, quels que
soient leurs difficultés ou leurs handicaps.
Cette école doit recentrer
et prendre en compte la diversité des besoins des enfants, s'adapter
à des styles et à des règles d'apprentissage différents et assurer
une éducation de qualité grâce à des plans d'étude, une organisation
scolaire et une utilisation des ressources adaptés, ainsi qu'à un
partenariat avec la communauté.
Il faut s'assurer que
l'appui et les services financiers correspondes aux besoins spéciaux
des enfants, quel que soit leur niveau.
2 - Les enfants ayant
des besoins éducatifs spéciaux devront recevoir, dans nos écoles
intégratrices, l'appui supplémentaire dont ils ont besoin pour acquérir
effectivement des connaissances.
3 - La planification de
l'éducation au niveau national doit être centrée sur l'éducation
de tous les citoyens, dans toutes les régions du pays et dans toutes
les situations économiques, au moyen des écoles publiques et des
écoles privées.
4 - Compte tenu de notre
passé, il existe des milliers d'adultes qui ne possèdent pas les
rudiments d'une éducation de base. Il nous faut donc faire un effort
pour multiplier leurs aptitudes de base (lire, écrire, compter,
etc.) grâce aux programmes d'éducation pour adultes.
5 - Il est également important
de prendre conscience du fait que les femmes ont souvent été doublement
désavantagées, les préjugés liés à leurs sexes s'ajoutant à l' analphabétisation.
Hommes et femmes devront
également influer sur l'élaboration du programme d'enseignement
et avoir les mêmes chances d'en bénéficier. Il faut nous efforcer
d'encourager la participation des filles et des femmes au programme
éducatif, et cela sans oublier celles et ceux qui souffrent de handicap
moteur ou psychologique.
En conclusion, l'éducation
intégrée est la réadaptation à base communautaire des approches
pour venir en aide à nos concitoyens ayant des besoins éducatifs.
Dans le cadre de ces actions
qui s~appuient sur les principes de l'inclusion, de l'intégration
et de la participation, il convient de renforcer, à tous les échelons,
la coordination entre les responsables de l'éducation nationale,
de la santé, de l'emploi, de la jeunesse, des sports, de la culture
et des services sociaux afin d'établir une convergence et une complémentarité.
La planification et la
coordination doivent également tenir compte du rôle que jouent ou
peuvent jouer les ONG.
Il faut s'efforcer d'obtenir
l'adhésion et l'appui de toute la communauté pour satisfaire nos
besoins éducatifs.
C'est enfin au gouvernement
qu'incombe la responsabilité d'orienter les financements externes,
de veiller à ce qu'ils soient conformes aux priorités nationales
visant l'éducation pour tous et la création, en milieu urbain comme
en milieu rural, d'écoles intégratrices accueillant un large éventail
d'enfants.
Atteindre cet objectif
exige l'adoption d'une politique d'intégration communautaire, élevée
et énergique, appuyée par un financement adéquat et un vaste programme
d'orientation et de formation professionnelle.
Ainsi, pour contribuer
aux succès de nos enfants, il nous faudra introduire des changements
dans de nombreux aspects de l’enseignement et en particulier dans
les programmes (notamment par l’introduction, dès les premières
classes, de l’enseignement des langues nationales, les méthodes
d’évaluation, le recrutement du personnel enseignant, l’éthique
scolaire et les activités périscolaires.
Ces changements souhaitables
font partie d’une réforme générale de l’éducation, visant à améliorer
la qualité et la pertinence de l’enseignement, ainsi qu’à acquérir
des connaissances plus élevées. Mon projet pour une éducation pour
tous souligne la nécessité d’une approche centrée sur l’enfant,
pour assurer la réussite de chacun. Ce système souple sera capable
de mieux prendre en compte les différents besoins de nos enfants,
et contribuera au succès de notre système éducatif et à l’intégration
dans la citoyenneté.
Pour une santé communautaire
En matière sanitaire,
l'État continuera d'accorder la priorité aux soins primaires, grâce
à une meilleure couverture des prestations de services en milieu
périurbain et rural. L’accès aux médicaments sera facilité par une
stratégie faisant une large place aux médicaments génériques.
Plus globalement, la politique
de santé, portée par un accroissement de la part du budget national
consacré, s'inscrira dans les objectifs de la loi d'orientation
de la santé.
En complémentarité avec
l'action internationale, l’Etat tentera d'améliorer la situation
en construisant ou en rénovant les postes de santé. Il installera
un hôpital régional pour endiguer le flux des malades traversant
nos frontières pour trouver assistance.
Par ailleurs, il s'agira
pour l'État de réduire la mortalité infanto - juvénile par la lutte
contre la malnutrition, la vaccination des enfants, la lutte contre
le paludisme et l'amélioration de la prise en charge des maladies
diarrhéiques.
La mortalité maternelle
sera également à l'ordre de ses priorités, ceci grâce a une amélioration
de la couverture des activités de surveillance de la grossesse et
l'assistance à l'accouchement.
La lutte contre certaines
endémies majeures comme le paludisme ou la tuberculose, les affections
de longue durée comme le diabète, l'hypertension artérielle et le
sida, bénéficiera d'un soutien accru de l’Etat. Pour la viabilité
de notre système sanitaire, les réformes institutionnelles en cours
permettront la restructuration de la Pharmacie d'approvisionnement
et l'octroi de l'autonomie financière à l'Hôpital général Peltier
et certaines autres structures sanitaires comme Dar AI Hannan.
Pour une justice moderne
Après cette année de célébration
de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, notre Communauté
doit confirmer son attachement aux principes et idéaux définis dans
cette déclaration.
Aussi devons-nous redire
notre détermination à poursuivre la. défense des libertés d'expression,
d'association et syndicales, et ceci dans le respect de nos lois.
Tous nos efforts pour
un État de droit seraient vains sans une justice moderne. Une bonne
justice suppose de bonnes règles et des juges compétents, capables
de dire le droit dans, des procédures, rapides et des voies d'exécution
efficientes.
Aussi, il nous revient
de mener à terme la modernisation de notre système judiciaire par
une réforme qui met l'accent sur les institutions, la formation
des personnels, l'informatisation des greffes de nos cours et tribunaux,
et la promotion des règlements issus de la charia et du droit coutumier
comme instruments d'arbitrage et de médiation inspirés des valeurs
de notre société.
Pour une administration
décentralisée, efficace et au service du citoyen
La bonne gouvernance de
l’État de droit implique une gestion respectant les principes de
transparence, de responsabilité, d’équité et de probité. Cela suppose
la promotion du mérite et la lutte sans merci contre toutes les
formes de dépréciation, et ceci dans nos actes de tous les jours.
Doit également faire l'objet
de la même attention, notre effort pour le rapprochement de l'Administration
des citoyens et l’accroissement de son efficacité. À cet effet,
nous avons à notre disposition deux outils: la décentralisation
et la déconcentration.
Aussi, pour passer de
l'État providence à une société responsable, i1 nous appartient
de nous interroger sur les rôles de l'État, leur pertinence, le
niveau où ces rôles doivent s'exercer et, enfin, identifier qui
peut mieux rendre ces services dans une perspective d’efficacité
et d'efficience.
Dans ce cadre, il ne s'agit
pas de couper des services en laissant intactes les structures de
l'État. Il s'agit plutôt de s'assurer que l’Etat offre des services
nécessaires, efficaces et de qualité.
Des signaux émanant de
tous les milieux de notre société enjoignent à l'État de rechercher
une meilleure efficacité dans ses actions en abandonnant définitivement
le centralisme jacobin issu de l'administration coloniale.
Les approches bureaucratiques
et uniformes qui caractérisent souvent l'action de l’Administration
centrale ne sont pas toujours les solutions optimales.
Il nous appartient de
modifier nos réflexes, qui nous conduisent trop souvent à rechercher
une solution globale à une problématique multidimensionnelle, qui
nécessiterait un ensemble de solutions adaptées en fonction des
milieux.
La diversité qui caractérise notre société
nous suggère de miser davantage sur la capacité des communautés
locales à s'organiser, favorisant ainsi le rapprochement du citoyen
et de son Administration.
À la base de ce rapprochement
se trouve la mise en oeuvre de la décentralisation, qui peut toucher
toutes les sphères d'activité de l’État.
Elle prend la forme de
délégation de certaines fonctions de l'Administration dans les domaines
économique, social et culturel.
Par cette réforme, les
bases de la démocratie locale s'en trouveront élargies et consolidées,
grâce à une responsabilisation accrue des collectivités locales,
combinée au maintien de l'autorité et du caractère unitaire de l’État.
Le processus de décentralisation
et la démocratie locale que nous voulons promouvoir risqueraient
de rester théoriques, sans des capacités financières améliorées
en faveur des entités locales.
Il nous faut donc mettre
en place un cadre fiscal local, pour permettre aux collectivités
locales d'assumer leurs missions de développement, de voir leurs
capacités institutionnelles renforcées et de bénéficier des soutiens
des partenaires du développement.
La réalisation des objectifs
de développement économique, de bien-être et de tranquillité des
citoyens suppose, bien entendu, que l’ordre public et la sécurité
soient pleinement assurés.
Pour une défense nationale
édificatrice de paix et garante de la souveraineté nationale
C'est ainsi que la Défense
nationale, assurée par nos forces armées, avec pour objet l'assurance,
en tout temps, en tous lieux, en toutes circonstances et contre
toutes formes d'agression, de l'intégrité de notre territoire et
de la protection des populations et de leurs biens, se fonde sur
les principes de la solidarité nationale, qui requièrent la convergence
des efforts de toutes les couches de la population.
L’importance des enjeux
de notre sécurité et de notre défense commande la mise en oeuvre
soutenue d'une stratégie préventive et des moyens matériels adaptés.
Pour cela, il nous faut
mettre en oeuvre un plan de modernisation et de redéploiement des
effectifs, pour valoriser la fonction militaire, augmenter l'efficacité
des personnels et assurer une meilleure présence sur le terrain.
Conforter notre identité,
c'est aussi défendre nos intérêts et promouvoir notre image à l'extérieur.
Ceci relève du rôle traditionnel de notre diplomatie. Le dynamisme
et l'efficacité de celle-ci ont beaucoup contribué au rayonnement
de notre pays dans le monde.
Pour une diplomatie de
dialogue,
de paix et de progrès
Guidée par une politique
extérieure clairvoyante définie par le Président El Hadj Hassan
Gouled Aptidon, l'action diplomatique de notre pays - qui repose
sur une longue tradition - reste sous-tendue par les idéaux de paix
et de sécurité internationale dans nos rapports avec les membres
de la Communauté internationale, à commencer par les pays frères
et voisins.
Le monde actuel, marqué
par l'ouverture grandissante des frontière et par la mondialisation,
détermine étroitement le développement de notre pays.
En demeurant attaché à
l'Unité et à l'Intégrité politiques et économiques africaines, nos
objectifs prioritaires consistent en la mise en place, à quelque
niveau que ce soit, de cadres propices à la concertation et aux
conditions facilitant les échanges. C’est pourquoi nous continuerons
à accorder une attention particulière à la participation de notre
pays aux organisations continentales et régionales.
Notre diplomatie, qui
est au service du développement économique et social de la République
de Djibouti,, doit, entre autres missions, contribuer au rayonnement
de notre culture, socle de notre identité.
Pour notre culture: âme de notre peuple et socle de
notre identité .
La culture est la marque
de notre singularité dans l'espace et dans le temps. Elle est ce
par quoi s'exprime l'esprit de notre civilisation et l’âme de notre
peuple ; une âme qui se doit d'être nourrie, enrichie, réinventée,
et cela ne se fait que par la culture.
Si le territoire national
est le cadre de réalisation des réformes fondamentales dont nous
avons besoin pour accélérer la croissance économique, la culture
en est le catalyseur. Elle irradie notre quotidien, nos pensées,
nos actes, nos institutions et nos orientations.
Il nous revient donc de
soutenir et d'amplifier le dynamisme actuel du secteur culturel.
L’ encouragement à la
créativité, à la promotion des artistes et de leurs oeuvres, à la
formation dans les métiers de la culture assortie de politiques
d'insertion, à l'intensification des échanges culturels avec les
pays amis doit également figurer dans nos priorités.
Pour le développement
du sport
Au plan des activités
sportives, notre pays, dans toutes ses composantes, apprécie à sa
juste mesure les résultats encourageants obtenus dans de nombreuses
disciplines.
Pour consolider et élargir
ces résultats, nous devons mettre l'accent sur la gestion du sport
de haute performance et l'émergence d'une relève, par la détection
à un stade précoce des talents.
Concernant le sport de
masse, notamment l'athlétisme, les sports collectifs, en particulier
le football, nous devons apporter un appui significatif à leur relance
à partir du sport scolaire et des quartiers. Dans ce cadre, ces
sports doivent bénéficier pour être pratiqués d'un environnement
amélioré (mise en place de terrain omnisports dans les quartiers
et villages, subventions, soutien des clubs ... ).
L’objectif visé est de
favoriser le goût de la performance, et du redonner confiance et
fierté à nos jeunes, qui demeurent l'avenir de la Nation.
Pour la jeunesse
Mais tous les efforts
de la Nation seraient vains, si nos jeunes Djiboutiens, écoliers,
étudiants, apprentis, travailleurs des villes et des campagnes ne
faisaient pas le meilleur usage des instruments du savoir que la
communauté nationale met à leur disposition.
Beaucoup, refusant le
découragement devant la difficulté, se sont lancés dans la bataille
de la vie. Certains se tournent vers les petits métiers du secteur
informel, d'autres mettent à profit leurs connaissances pour lancer
des projets générateurs de revenus. Dans tous les cas, cette jeunesse
apporte la preuve de sa créativité et de son esprit d'entreprise.
Conformément à son rôle, l'État lancera une politique nationale
de la jeunesse pour une meilleure coordination des efforts d'insertion
socio-économique des jeunes.
Toutefois, il appartient
aux jeunes d'étudier, d'apprendre, voire d'entreprendre pour maîtriser
leur destin en relevant les opportunités qui se présentent à eux
à la faveur de la relance économique, en faisant face aux défis
de la vie avec l'imagination, l'intelligence, l'enthousiasme qui
les caractérisent. Il leur appartient de donner un avenir radieux
à notre pays et de construire la République de Djibouti de demain.
Pour la promotion de la
femme djiboutienne,
« partenaire de notre vie »
En matière de politique
en faveur des femmes, les priorités doivent porter sur le renforcement
des capacités entrepreneuriales et organisationnelles, le développement
de l'éducation et de l'alphabétisation, l'amélioration de la santé,
l'accroissement du rôle de la femme dans la vie publique, ainsi
que sur le renforcement de la mise en place du dispositif institutionnel
actuel, pour permettre le suivi et l'exécution, technique et financière,
des programmes d'action.
Néanmoins, nous pouvons
nous réjouir de constater que nombre de femmes djiboutiennes, «
nos partenaires pour la vie », n'ont pas attendu qu'une aide leur
vienne de l'extérieur pour essayer de sortir elles-mêmes du cercle
vicieux de la pauvreté et de la dégradation de l'environnement.
Ainsi ont-elles mis à profit nos structures traditionnelles pour
s'organiser en groupements, afin de suppléer aux carences dont elles
souffrent.
Afin de mieux les soutenir,
il nous faut promouvoir le développement local en privilégiant les
produits locaux.
En suivant cette stratégie,
nous choisissons comme vecteur principal l'action des femmes. Nous
veillerons enfin à ce que l'approche du genre soit prise en compte
dans toutes les politiques sectorielles.
Pour investir dans une
société plus forte
Du fait de l'exigence
de solidarité, nous avons à renforcer, au bénéfice de nos concitoyens
les plus fragilisés, la politique orientée la prise en charge de
leurs besoins essentiels.
Le plan de lutte contre
la pauvreté ne consiste pas en une distribution de vivres gratuits
ou de revenus, qui encouragerait la passivité. Il doit contribuer
à l'insertion économique et sociale des bénéficiaires afin de leur
rendre leur dignité.
Mon programme de lutte
contre la pauvreté est un programme multi- sectoriel, composé en
priorité d'un ensemble d'activités de production axées sur la promotion
de microprojets, la réalisation d'activités communautaires génératrices
de revenus et la mise en œuvre de travaux à haute intensité de main-d’œuvre.
Il touchera ainsi bien les centres urbains que les communes rurales,
et il appuiera la politique de décentralisation.
La lutte contre la pauvreté
consiste également à prévoir et à notre développement urbain.
Notre développement urbain
souffre d'une dualité. Une faible proportion du développement de
l'habitat a été traitée selon les standards officiels, et faute
de pouvoir satisfaire à de tels critères, le reste s'est développé
en marge de tout contrôle, l'intégration des services se faisant
a posteriori.
Au cours des années à
venir, l' espace urbain sera essentiellement occupé par des ménages
aux revenus modestes.
De ce fait et au regard
de la croissance des populations urbanisées, l'État s'attellera
à répondre à cette réalité par une politique d'infrastructures favorisant
un développement urbain harmonieux et durable.
Grâce à cette politique,
l'État, en partenariat avec les collectivités locales, s'efforcera
d'orienter en temps réel le développement urbain, plutôt que d'essayer
de normaliser a posteriori et à un coût élevé des situations d'installation
sauvage.
Compte tenu de l'ampleur
de la tâche et pour faire face à ce défi, l'État incitera autant
que possible le secteur privé à s'approprier cette activité, en
mettant en oeuvre des programmes de réalisation de parcelles viabilisées
et de logements sociaux. Pour sa part, l’État développera les grandes
infrastructures, et fixera des normes d'aménagement suffisamment
simples et peu onéreuses.
Si l'on considère que
la reprise de la croissance nationale a pour préalable la relance
du secteur moderne et la maturation du secteur informel, il n'en
demeure pas moins qu'aujourd'hui, notre population contribue peu
aux recettes publiques destinées à l'entretien des centres urbains.
Jusqu'à présent, l'État
avait assez de ressources pour prendre en charge ces dépenses du
système d'assainissement, tant en milieu urbain qu'en milieu rural,
tant dans sa conception que dans son exécution, afin d'éviter la
pollution des nappes phréatiques par les latrines ou l'absence appropriée
d'évacuation des effluents tels que les eaux usées domestiques et
les déchets.
À l’avenir, l’Etat se
penchera sur la question d'une meilleure mobilisation des ressources,
par des formules simples et adaptées à une population appartenant
majoritairement au secteur informel.
Avec une culture dense,
capable de stimuler nos activités économiques, il nous est possible
d'assurer à nos concitoyens un niveau de vie leur permettant d'assurer
le rôle qui est attendu d'eux dans l'ensemble des secteurs d'activité.
Pour cela, dans la politique
économique de croissance que je mettrai en place, la demande sociale
sera prise en compte dans tous ses volets.
Pour arriver à satisfaire
la demande sociale, notre dispositif économique doit travailler
sous la contrainte de la globalisation des économies, de la nécessaire
compétitivité des marchés, de l’obligation d'accroître le niveau
de la production nationale, pour atteindre sa finalité, qui est
la satisfaction des populations et renforcer notre cohésion sociale
et politique.
Pour
un développement économique
capable de bâtir notre avenir
En cette fin de siècle,
le contexte économique mondial se caractérise par la libéralisation
des échanges des biens et services, des données et des idées par
les autoroutes de l'information, et par le renforcement de la concurrence
et de la compétition entre firmes et entre pays.
La sphère de l'économie
de marché s'élargit, les situations préférentielles des pays en
développement s'érodent, et les capitaux, de plus en plus libres,
s'orientent vers les marchés financiers les plus profitables et
les plus prometteurs.
Cette situation nous interpelle
et nous invite à une meilleure gestion de nos avantages concurrentiels,
et à une redéfinition de notre stratégie d'insertion dans l'économie
régionale et mondiale.
À cette fin, nous devons
consolider le partenariat avec les pays voisins, en poursuivant
avec vigueur le processus d'intégration économique régionale.
Nous devons continuer
à oeuvrer à la poursuite et à l'amplification des acquis de l'Autorité
intergouvernementale pour le développement (IGAD). Son action porte
actuellement sur une harmonisation des projets de développement
dans les différents secteurs de l'économie (agriculture, industrie,
infrastructure, etc.). Même si, aujourd'hui, différents conflits
opposent les pays membres de l'IGÀD, à terme, cette institution
devrait nous aider à accomplir des avancées significatives dans
la mise en place de mécanismes et de critères de convergence des
politiques économiques.
Dans cette perspective,
notre pays a procédé à des modifications (les droits à l'importation
par une diminution du niveau de la fiscalité indirecte, privilégiant
ainsi les biens à caractère scientifique, technique et culturel,
les matières premières, agricoles et industrielles, les biens d'équipement
et une protection appropriée de la production locale.
Par cette stratégie et
par sa position de porte de la région, notre pays tente de relancer
la croissance intérieure et de consacrer l'ouverture de son économie
sur la sous-région.
Dans le cadre de la globalisation.,
l'impératif, c'est la compétitivité.
Faire de Djibouti un pays
compétitif exige le renforcement de la Coopération entre l’Etat,
le secteur privé et les travailleurs, de manière à permettre à chaque
acteur de jouer son rôle, sur la base d'une complémentarité active.
L’État, en ce qui le concerne,
jouera son rôle de catalyseur. Il mettra en place un cadre macroéconomique
de qualité et un environnement de l'entreprise favorable à l'expression
des activités économiques.
Aussi, trois ans après
notre accession au Programme d'ajustement structurel aux institutions
de Bretton-Wood, les grands indicateurs de notre économie tendent
à se raffermir et la capacité financière de l'État tend à se rétablir,
même si elle demeure fragile.
Aussi, il nous appartient
à tous aujourd'hui, de ne plus la laisser se déliter. Il nous faut
la renforcer pour trouver les investissements nécessaires à la satisfaction
de la demande sociale.
Néanmoins, la maîtrise
de notre déficit budgétaire reste la préoccupation centrale de la
politique macroéconomique de l'Etat, en ce qu'elle est le premier
facteur de la préservation de la compétitivité de notre économie.
cette maîtrise du déficit
budgétaire de l’Etat exige, sur le plan des recettes publiques,
la mobilisation des recettes fiscales.
Pour cela, il est indispensable
de rendre l'environnement fiscal plus stable, moins complexe et
plus transparent. À cet effet, l'action de l'État sera guidée par
trois grands principes directeurs:
- la simplification
de la réglementation en matière d'impôt, et son application dans
le dessein d'obtenir une fiscalité raisonnable, suffisante et
payée par tous ;
- la poursuite
de la baisse progressive du niveau de la charge tributaire ;
- l'élargissement
de l'assiette fiscale, avec une réduction des exonérations et
une plus grande efficacité de l'administration fiscale.
En évoquant ces orientations,
l'occasion nous est donnée d'attirer l'attention sur le civisme
indispensable en matière fiscale. Ce faisant, nous n'oublions pas
les principes d'efficacité, de simplicité et d'équité qui ont toujours
présidé à la définition de la règle et de la pratique fiscale dans
notre pays.
Concernant l'Administration,
le choix des dépenses de fonctionnement, au niveau global et au
sein de chaque ministère, doivent désormais répondre aux critères
de productivité et d'efficience, d’amélioration de la situation
sociale, de l'environnement et de la production.
Dans le cadre de ces dépenses
de fonctionnement, la maîtrise de la masse salariale doit être poursuivie,
notamment grâce au programme de démobilisation et grâce à la réforme
envisagée de la Fonction publique.
Au niveau des dépenses
d'investissements publics, leur évolution devrait être dictée par
le respect de trois principes:
- la primauté des
dépenses en capital sur les dépenses de fonctionnement ;
- l' accroissement
progressif de la part des dépenses en capital, financé sur ressources
internes;
- la priorité aux
secteurs sociaux et aux infrastructures, qui participent à la
compétitivité de notre économie.
Les programmes sectoriels,
quant à eux, devront être systématisés. Et contrairement au passé,
ils devront intégrer la contrainte macroéconomique afin de sécuriser
leur financement.
Avec une telle méthode,
l'État pourrait se donner les moyens de respecter les objectifs
qu'il s'est fixés dans les différents secteurs.
Concernant la capacité
de gestion des agents de l'État, nous devons envisager un plan d'action
afin de renforcer les moyens , l’évaluation, de sélection et de
suivi des investissements.
Au sein des ministères
techniques, les capacités de planification et d'exécution des programmes
sectoriels d'investissements publics devraient être accrues.
Tout cela devrait nous
permettre d'absorber efficacement les concours extérieurs mis à
notre disposition par la Communauté internationale.
La négociation avec les
institutions de Bretton Wood, si nous tenons compte du respect des
critères que nous avons établis, devrait déboucher sur notre accession
à la Facilité d'ajustement structurel renforcée (FASR). Cette dernière
devrait nous permettre d'obtenir les moyens nécessaires pour renforcer
solidement tous les secteurs économiques et sociaux.
Toujours dans son rôle
de stratège, l'État a entrepris un programme de privatisations destiné
à réduire sa présence dans les sphères de la production de bien
et de services marchands, et à favoriser la promotion du secteur
privé.
Aussi, la première génération
de privatisations, qui a commencé avec l'hôtellerie, devra se poursuivre
avec les secteurs de production (Laiterie de Djibouti, Société des
Aliments de Bétail et la Société des Eaux de Tadjourah)
Ce processus de privatisation
nous permettra de réduire les coûts des facteurs techniques de production,
de conforter la compétitivité de nos entreprises et de réduire le
déficit budgétaire de l'Etat.
En matière d'industrialisation,
notre objectif doit être de créer une base manufacturière dense,
capable de répondre à notre consommation intérieure et d'exploiter
nos potentiels en matière d'export.
Avec une promotion de
la qualité des produits « made in Djibouti » et un partenariat entre
l’Etat et le secteur privé, nous pourrons traduire et mettre en
application une vision concertée et partagée du processus de développement
industriel de notre pays.
En renforçant l'artisanat
par un meilleur approvisionnement en matières premières et une formation
professionnelle adaptée, en relation avec la coopération internationale,
l'État se donnera les moyens de mettre en place un véritable incubateur
de P.M.E./P.M.I.
Le secteur du bâtiment
et des travaux publics a longtemps soutenu la croissance de notre
pays. Les programmes de construction de logements et d'infrastructures
de transport que l'État entreprendra, aussi bien dans le cadre de
la coopération internationale qu'en partenariat avec le secteur
privé, pourront offrir des opportunités aux entreprises de ce secteur
actuellement en crise.
Dans notre pays, on ne
saurait parler d'industrialisation et de développement du secteur
minier sans la disponibilité d'une énergie de qualité et à moindre
coût.
Par ailleurs, l’Etat,
pour résorber, le déficit actuel de production d'électricité et
moderniser les réseaux de distribution, renforcera la capacités
de l’E.D.D. et exploitera les voies des énergies renouvelables comme
l'énergie éolienne et la géothermie. Ceci constitue aussi bien un
facteur essentiel de production qu'un élément important dans l'amélioration
du cadre de vie de notre population.
Ce sous-secteur de l’électricité
pourra bénéficier également de la chute des prix des hydrocarbures
et de la concurrence accrue et effective sur le marché du pétrole
brut et des produits raffinés.
Le secteur des transports
est promis à occuper un rôle primordial dans le soutien à la production
et dans la compétitivité de notre économie.
En élaborant un projet
sectoriel des transports s'appuyant sur une réforme institutionnelle
adaptée aux nouvelles exigences, l’Etat, pour valoriser la position
stratégique de Djibouti et consolider sa position naturelle de porte
et de plate-forme pour la sous-région, s'est engagé dans l'amélioration
des services de transports pour obtenir un réseau routier dense
et bien entretenu, un transport ferroviaire efficace et sûr, des
liaisons aériennes performantes et un transport maritime compétitif.
Le secteur des télécommunications
contribue également à la compétitivité globale de notre économie.
Il a connu, depuis notre indépendance, un développement spectaculaire
en termes de capacité, de modernisation technologique et de résultats
financiers.
Par la mise en place d'un
nouveau cadre institutionnel, et juridique pour le développement
des télécommunications, l'Etat entend utiliser l'ouverture de ce
marché à la concurrence pour
améliorer la compétitivité
de notre économie et consolider un service public de qualité.
Par une opération de privatisation,
il nous sera possible d'avoir un exemple réussi de partenariat,
équilibré, dans la gestion d'une entreprise stratégique telle que
Djibouti-Telecom, entre l'État, un partenariat technique de référence.,
les travailleurs et le grand public.
Notre pays dispose d'un
bon réseau de télécommunications et de ressources humaines de qualité.
Il recèle de grandes potentialités qu'il convient d'exploiter judicieusement.
Dans ce domaine, nous devons affirmer notre présence sur les autoroutes
de l'information et encourager la délocalisation des activités -
notamment via le travail, la télémédecine, le télé -enseignement,
ainsi que le montage des ordinateurs, d'appareils électroniques
et de circuits imprimés.
Parallèlement à l'activité
de télécommunication, La Poste joue un rôle essentiel dans le développement
économique, financier, social et culturel de notre pays.
Néanmoins, elle devra
améliorer la qualité de son service, équilibrer ses comptes par
une activité marchande de bonne facture commerciale, développer
des nouveaux produits comme le courrier rapide et les produits parabancaires.
Le secteur du tourisme
sera amené à concourir de manière appréciable à la constitution
des avoirs extérieurs, et à donner un effet d'entraînement certain
à l'artisanat et au commerce.
À cet effet, l'État, en
partenariat avec l’Organisation mondiale du Tourisme (O.M.T.) et
le secteur privé, mettra en oeuvre un plan de développement qui
doit permettre la promotion de la destination, la diversification
des produits, l'aménagement des sites et l'augmentation des capacités.
Nous ne saurions terminer
sur ces activités de production sans souligner l'importance que
nous devons accorder à la recherche scientifique et technique. A
cet égard, l'Etat portera une attention particulière à la valorisation
des résultats de recherches, tant celles de nos étudiants et concitoyens
évoluant à l'étranger, que celles des Djiboutiens présents sur le
terrain.
La finalité majeure de
notre action économique est de rendre les produits et les services
djiboutiens plus compétitifs en termes de performance et de coût.
En effet, conscient qu'une
politique industrielle et commerciale suppose un environnement macroéconomique
favorable à la compétition en termes de prix et de qualité des produits
nationaux, tant sur le marché national qu'international, Djibouti
ne devra pas économiser ses efforts pour neutraliser les inefficacités
structurelles qui augmentent le coût de la production.
Dans ce contexte, une
principale composante du « coût Djibouti », à côté de la stabilisation
de l'économie, de la diminution du déficit budgétaire et de l'amélioration
des infrastructures, réside dans l'efficacité de notre marché de
l'emploi.
L’organisation de notre
société repose sur un ensemble de règles de conduite et de conventions,
qui reflète les valeurs que nous partageons. Ces règles définissent
le cadre dans lequel notre société évolue, tracent les grandes lignes
de notre pacte social.
La République de Djibouti
évolue, le monde change, certains de nos repères ont disparu tandis
que de nouveaux s'imposent. Il est temps de revoir notre pacte social,
sans le faire reculer.
Il nous faut nous assurer
que ce pacte social est adapté aux circonstances économiques et
sociales actuelles.
Nous devons relever les
actions prioritaires que notre société doit entreprendre pour redéfinir
ce pacte social, afin de nous préparer ensemble à relever les défis
exigeants auxquels notre pays est amené à être confronté.
Pour le développement
de l'emploi grâce à un nouveau pacte social
la croissance du marché
de l'emploi concerne non seulement l'État, mais aussi et en premier
lieu les acteurs économiques et sociaux.
Il nous faut rompre avec
une attitude traditionnelle, où très souvent, on a fait porter la
responsabilité de la création d'emplois à l’Etat.
Désormais, les partenaires
du secteur privé doivent accepter la responsabilité du défi de l'économie
et de l'emploi.
Le coût des services publics,
par lesquels s'incarnent l'entraide collective et la solidarité
sociale, doit être assuré par les générations qui en bénéficient.
Il s'agit d'une décision
majeure en rupture avec notre histoire, où nous avons eu trop tendance
à reporter sur les générations suivantes une partie du poids du
financement de l'action de l’État.
Pour concrétiser ce principe,
notre communauté a approuvé la réduction du déficit budgétaire de
l'État, et la nécessité de réformer les services publics en fonction
des nouvelles exigences de notre société.
Par ailleurs, afin de
nous assurer un système fiscal efficace et équitable, et de permettre
aux services publics d'être correctement financés, nous sommes convenus
d'une redéfinition de notre système fiscal.
La croissance économique
est bénéfique pour l'emploi.
La croissance économique fait reculer
la pauvreté grâce à la création d'emplois, à l'accroissement de
la productivité du travail et à la montée des salaires réels.
La croissance économique
diminue les inégalités, y compris entre hommes et femmes.
Aussi, n'y a-t-il rien
de mieux pour la croissance économique et l'amélioration du niveau
de vie des travailleurs qu'un développement par le marché, qui encourage
les entreprises et les travailleurs à investir en capital physique,
en techniques nouvelles et en formation professionnelle.
Il n'est pas pour notre
population active de plus grand besoin que celui de voir augmenter
la demande de ses services, accompagnée d'un gros effort d'investissements
en éducation, en formation, en infrastructures.
Cette politique réussit
lorsque nous exploitons les possibilités offertes par les marchés
internationaux et soutenons fortement le secteur primaire (agriculture,
élevage et pêche).
Jusqu'à la crise financière
de l'État, le secteur public a contribué au bon fonctionnement des
marchés en créant un environnement macroéconomique stable pour l'investissement
et l'épargne, et en soutenant l'expansion de l'infrastructure économique
et des services sociaux.
L'investissement dans
la formation professionnelle, dans la santé et dans la nutrition
des travailleurs, est déterminant pour le bien - être de ceux-ci
ainsi que pour le succès économique. La croissance économique fait
reculer la pauvreté grâce à la création d'emplois, à l'accroissement
de la productivité du travail et à la montée des salaires réels.
La croissance économique
diminue les inégalités, y compris entre hommes et femmes.
Aussi, n'y a-t-il rien
de mieux pour la croissance économique et l'amélioration du niveau
de vie des travailleurs qu'un développement par le marché, qui encourage
les entreprises et les travailleurs à investir en capital physique,
en techniques nouvelles et en formation professionnelle.
Il n'est pas pour notre
population active de plus grand besoin que celui de voir augmenter
la demande de ses services, accompagnée d'un gros effort d'investissements
en éducation, en formation, en infrastructures.
Cette politique réussit
lorsque nous exploitons les possibilités offertes par les marchés
internationaux et soutenons fortement le secteur primaire (agriculture,
élevage et pêche).
Jusqu'à la crise financière
de l'État, le secteur public a contribué au bon fonctionnement des
marchés en créant un environnement macroéconomique stable pour l'investissement
et l'épargne, et en soutenant l'expansion de l'infrastructure économique
et des services sociaux.
L'investissement dans la
formation professionnelle, dans la santé et dans la nutrition des
travailleurs, est déterminant pour le bien-être de ceux-ci ainsi
que pour le succès économique.
Néanmoins, aucune politique
du travail n'aura d'effet sur les travailleurs qui exercent dans
le secteur informel ou rural. Or, ce sont ces derniers qui sont
les plus pauvres et qui ont le plus besoin de protection.
L’action de l’État doit
renforcer le bien-être des travailleurs du secteur informel en améliorant
le cadre dans lequel ils opèrent.
Dans le secteur formel,
l’État est nécessaire pour améliorer le fonctionnement du marché,
promouvoir l'équité et protéger les travailleurs vulnérables.
les agents du secteur
informel doivent souvent travailler dans des conditions plus dangereuses
et à des emplois de plus grande insécurité que leurs homologues
du secteur formel.
la meilleure façon d'améliorer
les conditions de travail ne réside pas totalement dans la réglementation,
mais plutôt dans une action publique directe. Cette dernière a des
incidences sur le marché du travail et la santé des travailleurs,
dans des domaines comme l'approvisionnement en eau et l'hygiène,
la construction de routes et d'ouvrages de drainage à l'intérieur
et aux abords des villes, l'assainissement efficace du milieu naturel.
pour le secteur formel,
les négociations collectives entre entreprises et syndicats reste
le moyen efficace pour fixer les salaires et les conditions de travail.
Il appartient à l'État
d'établir les règles à appliquer dans les négociations entre employés
et employeurs, en précisant les droits des uns et des autres, en
mettant en place des mécanismes de règlement des différents, et
en éditant un minimum de règles d’hygiène et de sécurité, dont les
syndicats pourront alors surveiller 1'application.
Toutefois, compte tenu
du faible taux de spécialisation dans notre population active, il
est préférable d'encourager des négociations décentralisées conduites
dans les conditions de marché des produits compétitifs.
Il est normal que l’Etat
intervienne lorsqu'il y va du bien-être des enfants qui travaillent,
ou quand le marché risque de produire des résultats générant des
comportements discriminatoires.
Mais il ne suffira pas
pour cela de réglementer. Il faut encore pratiquer une politique
de l'éducation qui rende cette réglementation peu coûteuse et capable
d'assurer un meilleur accès des femmes aux emplois du secteur formel.
Le gouvernement doit fixer
la politique de l'emploi pour le secteur public. Beaucoup d'employés
du secteur public travaillent dur et de manière productive. Mais
malheureusement, la qualité du service public s'est dégradée, la
morale professionnelle s'est délitée sous l'effet conjugué de la
pléthore des effectifs, de l'insuffisance des salaires et de la
faiblesse des structures de gestion.
Il sera indispensable,
pour redresser la situation, de revaloriser les salaires et de réduire
les effectifs, tout en introduisant des améliorations dans le recrutement,
la promotion et le sens des responsabilités des agents de l’État,
du personnel enseignant, du personnel de santé ainsi que des agents
de l'Administration générale.
Avec la redéfinition du
rôle de l’Etat, il devient d'autant plus important que l'action
des pouvoirs publics soit efficace dans les domaines demeurés de
son ressort.
L’absence d'emploi reste
l'élément principal d'exclusion sociale. Le risque du chômage touche
une population de plus en plus large et les remèdes classiques semblent
ne plus suffire.
Nous mobiliserons toutes
les énergies et les solidarités pour maintenir et surtout créer
de nouveaux emplois.
L’État relèvera ce défi
à travers l'exercice de l'ensemble de ses compétences, par l'organisation
d'un Programme djiboutien pour l'emploi qui pourrait présenter une
dimension pluriannuelle.
L’État sera particulièrement
attentif à développer une politique de formation et de réinsertion
en faveur des populations fragilisées.
Il assurera son rôle fédérateur
afin de rechercher les synergies et les impulser, formuler des propositions
pour optimaliser l'affectation des ressources mobilisés, qu'il s'agisse
des moyens humains ou financiers.
la mise en oeuvre d'une
telle politique active de l'emploi implique une identification claire
des différents opérateurs présents sur le terrain, une description
stricte de leur mission et une rationalisation des actions dans
le sens d'une cohérence accrue des activités développées par chacun.
Avec ce Programme pour
l'emploi, notre pays se dotera d'un moyen privilégié de lutte contre
la pauvreté.
la stratégie en matière
de promotion de l'emploi repose sur quatre principes:
·la responsabilisation du citoyen face au problème de l'emploi et l'organisation
de la solidarité nationale à partir des communautés de base;
·L’acquisition et la gestion par ces communautés de base d’un minimum social,
comme la sécurité alimentaire, l’éducation de base, l’accès aux
services de santé primaires, le développement de la capacité à générer
des richesses, afin de contribuer pleinement au développement économique
national ;
·La création d’un environnement
favorable à l’émergence des initiatives privées dans tous les secteurs
de la vie économique et sociale ;
·La décentralisation de l’administration et la déconcentration de l’activité
économique.
Les objectifs poursuivis
par un tel Programme pour l’emploi doivent nous permettre de :
·Constituer et soutenir
des groupements de citoyens en communautés de base pour une satisfaction
optimale du minimum social en leur sein ;
·Renforcer les capacités des ressources humaines pour améliorer leur compétitivité
et leur productivité ;
·Développer l’esprit entrepreneurial chez les djiboutiens ;
·Développer le secteur privé et renforcer le secteur public ;
·Créer les conditions favorables à une meilleur participation des femmes
dans le processus de développement ;
·Assurer l’insertion professionnelle des jeunes.
Pour atteindre ces objectifs,
les collectivités locales, les communautés de base, les familles
et les individus organisés à l’échelle de leur lieu de vie seront
les acteurs de premier rang.
A ce titre, ils seront
amenés à se prendre en charge et à assurer pleinement la gestion
de leurs affaires, tandis que l’Etat jouera le rôle de facilitateur
en créant les conditions nécessaires à l’émergence des initiatives
privées.
Pour cela, l’Etat pourra
renforcer et améliorer ses structures de l’emploi en mettant en
place :
* Un observatoire de l’emploi.
Une institution opérationnelle
pour procéder à l’analyse prévisionnelle de l’offre de travail et
à l’évolution permanente des flux du marché de l’emploi, qui mènera
une coordination des acteurs du marché, principalement ceux qui
ont des activités locales de terrain en faveur de l’emploi et de
la formation.
*la formation de l’entreprise
l’enseignement et la formation
sont les meilleurs clés pour l’emploi.
Il convient d’amener les
entreprises et les services publics à jouer leurs rôles dynamiques,
notamment en développant une organisation du travail intégrant la
personne ou l’étudiant en formation.
Un partenariat école-entreprises-pouvoirs
publics doit systématiquement être recherché, afin que soit mis
en place un mécanisme de reconnaissance et d’équivalence des diplômes
de la formation professionnelle.
*l’acceptation des travailleurs étrangers
l’Etat doit poursuivre
sa politique de contrôle des dossiers de demande d’octroi de permis
de travail, afin d’éviter les abus et d’agir en cohérence avec sa
politique en matière de lutte contre le travail clandestin. Il doit
aussi encourager l’occupation, à compétence et expérience égales,
des postes de travail disponibles par des djiboutiens.
*les entreprises d’insertion
Par des mesures bientôt
mises en place, l’Etat accordera une attention particulière aux
entreprises d’insertion.
Aussi, par le biais des
programmes ADETIP, de lutte contre la pauvreté, de réhabilitation
des zones fragilisées par le conflit, de réinsertion des démobilisés,
l’Etat veillera à permettre une meilleur intégration de ces initiatives,
à définir des normes claires d’encadrement, à instaurer et à stabiliser
des mécanismes de financement par micro-crédits, à renforcer les
moyens destinés aux institutions de formation professionnelle.
Par une politique globale,
l’Etat poursuivra le renforcement de la résorption du chômage par
des instruments jouant le rôle de tremplin vers les circuits classiques
d’emploi des populations à la recherche d’emploi, et cela de manière
durable.
*Développement des services de pauvreté
dans la même perspective,
l’Etat s’appuiera sur une synergie avec les collectives locales
pour le développement de l’emploi au niveau des régions, dans des
services de proximité (contrats de propreté, de travaux de construction
et d’entretien, d’infrastructures culturelles et sportives).
Cette synergie prendra
en compte les services privés subventionnés et le monde associatif,
tout en veillant à un juste équilibre entre les services dispensés
par ces organisations.
Une société qui ne se
forme plus est une société condamnée.
Le niveau de formation
de notre population et la qualification de nos travailleurs sont
les seules gages de notre compétitivité et de notre prospérité.
En augmentant le nombre
d’emplois productifs, non seulement nous réduirons le chômage, mais
nous créerons également les conditions de bien-être et de revenus
qui permettent de renforcer la solidarité nationale.
Ce programme serait incomplète
si la méthode du gouvernement n’était pas exposée.
A cette égard, deux principes
guideront mon action :
*la responsabilité
la responsabilité signifie
en premier lieu continuer à ne pas prendre que les engagements que
je peux tenir. C’est également parler le langage de la vérité aux
citoyens. Par la grâce du Tout-Puissant et la transparence aidant,
je tenterai de convaincre le peuple djiboutien de la pertinence
de mes choix.
Par mon comportement et
mode de gestion, je m’attacherai à ce que le futur gouvernement
fasse respecter les vertus d’humilité, de modération, de rigueur,
et à promouvoir le culte du travail bien fait et le souci d’économie
dans la gestion des fonds publics, s’offrant ainsi en exemple à
nos concitoyens.
La disponibilité
Etre au service des djiboutiens,
telle a toujours été la mission du gouvernement. C’est pourquoi
j’exigerai de lui qu’il soit disponible vis-à-vis des citoyens et
de leurs préoccupations et de s’atteler à les satisfaire.
La disponibilité doit
être aussi de rigueur pour tous les acteurs de la vie économique
et sociale de notre Nation, des dirigeants d’entreprise au simple
citoyen.
C’est en nous écoutant
et en nous concertant que nous ferons de la République de Djibouti
un pays de progrès et une démocratie majeure.
|