08-01-2015  Le président de la République, Ismail Omar Guelleh, a, dans une interview accordée hier à la section somalie de la Voix de l’Amérique (VOA), fait part de son « optimisme quant au prolongement sur lequel débouchera l’accord de sortie de crise signé le 30 décembre entre l’UMP et l’opposition ».  

Nous sommes optimistes quant au prolongement sur lequel débouchera l’accord de sortie de crise intervenu entre la majorité et l’opposition", dit le chef de l’Etat

Je me réjouis que la majorité et l’opposition se soient récemment comprises autour d’un accord chez nous », a dit le président de la République, se représentant « cette situation nouvelle comme une émancipation au quiproquo ayant prévalu depuis près deux années chez nous entre les principales forces politiques».

« J’entoure de toute ma bénédiction cet accord censé propulser le pays dans une ère de détente où le débat politique se fera désormais chez nous, à l’instar des pays civilisés comme aux Etats-Unis d’Amérique et en Europe, dans le cadre des règles démocratiques », a affirmé le Président Guelleh.

« Il s’agit d’un accord censé créer les conditions nécessaires à la réalisation d’un véritable cadre pour la confrontation des idées en politique », a ajouté le chef de l’Etat, expliquant que « cet accord ouvre la voie au fait que l’opposition soit désormais associée aux débats relevant de grands sujets d’intérêt national ».

« Il scelle l’amorce d’une nouvelle ère de détente et de dépassement des rancœurs du passé et fixe la méthodologie et l’approche qui seront déployées en vue de conférer à notre pays les réformes indispensables à l’expression et à la pratique d’une véritable démocratie », a-t-il déclaré.

« Ces réformes, a-t-il précisé, seront débattues au sein du Parlement et à l’extérieur de celui-ci par les deux camps en commissions paritaires chargées de soumettre à terme une version consensuelle des réformes censées ancrer davantage notre pays dans la démocratie ».

« Dans le délai de 30 jours consécutif à la signature de l’accord, ces commissions soumettront, pour ratification au Parlement, la version consensuelle de ces réformes », a également affirmé le président de la République.

« Je suis confiant quant à l’issue positive sur laquelle débouchera ce processus », a-t-il poursuivi, prévenant d’entrée que « les deux parties n’accusent que très peu de divergences sur la majorité des sujets ».

« Les deux parties sont essentiellement opposées sur le contenu à donner aux points que sont le statut de l’opposition et la commission électorale indépendante », a souligné le président Guelleh.

« Si les deux camps conviennent ensemble de la nécessité et du principe d’accord préalable d’adopter ces deux réformes, elles divergent dans la représentation qu’elles se font respectivement de ces notions », a-t-il clarifié.

« C’est justement tout le travail dévolu aux commissions paritaires que de parvenir à une proposition consensuelle qui, soit de nature à concilier les deux parties », a affirmé le Président Guelleh.

« Les autres réformes démocratiques prévues par l’accord portent, entre autres, sur la liberté de presse et de d’opinion », a indiqué le Président de la République.

« Bien que notre partie soit convaincue que ces notions relèvent de réalités déjà en vigueur dans notre pays, nous acceptons de prendre note d’éventuels additifs que l’opposition souhaiterait adjoindre à ces notions », a complété le Chef de l’Etat.

A la question relative à une éventuelle entrée des membres de l’opposition dans le Gouvernement dans l’hypothèse où l’accord réalisé déboucherait définitivement sur un succès, le Président de la République a apporté un bémol à une telle suggestion, expliquant tout naturellement que « l’accord conclu ne prévoyait pas la fusion entre la Majorité et l’opposition ».

« En politique, les règles du jeu établissent normalement le fait que la Majorité conduit les affaires du pays et que l’opposition se pose en alternative », a expliqué le président Guelleh, convenant toutefois que « rien n’est définitivement irréversible et que, dans l’intérêt d’un pays, les différentes forces politiques peuvent décider de collaborer ensemble et participer au même gouvernement ».

« Mais cela requière une concertation préalable entre les différentes forces politiques », selon lui.

Réagissant à la critique selon laquelle Djibouti se targuerait d’une croissance continue depuis plusieurs années alors que des franges de son peuple demeuraient toujours sous le joug de la précarité, le Président de la République, M. Ismail Omar Guelleh a balayé d’un revers de main une telle critique, renvoyant le journaliste « aux effectifs sans cesse croissant de notre peuple qui quittent le giron de la pauvreté ».

« Aucun pays, y compris les plus riches et les plus développés, ne peut complètement mettre tous ses ressortissants à l’abri des précarités et de la pauvreté », a-t-il déclaré en substance, affirmant que « l’essentiel est de soutenir dans la durée les efforts nécessaires à l’avènement d’un développement, source de création d’emplois ».

« Pour attirer les investissements étrangers, on ne peut s’offrir le luxe de ne pas disposer d’une infrastructure performante. La lutte contre la précarité et la pauvreté passe donc essentiellement par la capacité d’un pays à drainer les investissements étrangers, source de création d’emplois », a fait observer le président Guelleh.

Concernant la Somalie, le président de la République s’est tout d’abord « réjoui du processus sans cesse décroissant dans lequel les Shebab sont de plus en plus propulsés aussi bien dans leur force de frappe que dans leur influence au sein de la société somalienne », soulignant toutefois que « les efforts dédiés à leur combat devaient demeurer».

« Ce mouvement terroriste est aujourd’hui au crépuscule de sa force. Il est loin d’égaler la capacité de nuisance de certains groupuscules extrémistes évoluant dans d’autres parties du monde comme au Pakistan et produisant presque tous les jours un lourd bilan de victimes », a ajouté le chef de l’Etat.

« Tant mieux donc que les Shebab soient dans une courbe descendante. Ces gens avaient longtemps indisposés les peuples de la sous-région à mener une vie normale », a poursuivi le Président de la République, reconnaissant toutefois « une différence d’approche sienne avec la Communauté internationale au sujet des voies et moyens les plus efficaces pour venir définitivement à bout des Shebab. »

« Je suis d’avis que les résultats seraient nettement plus efficients si, à la place de prendre en charge le coût exorbitant lié à l’entretien des soldats de l’AMISOM déployés en Somalie, on formait et équipait une véritable armée nationale somalienne », a déclaré le président de la République.

« Je reste personnellement convaincu qu’avec le quart du budget alloué à l’AMISOM, une véritable armée somalienne viendrait à bout des Shebab », a plaidé le président Guelleh, se félicitant tout de même « qu’on revienne ces temps-ci à cette approche relayée par la concession de plus grands moyens aux soldats somaliens ».

« Preuve que le renforcement des soldats somaliens est source efficiente de résultats dans le combat contre les Shebab, l’armée somalienne précède les forces de l’AMISOM sur les théâtres de guerre depuis que les moyens qui lui sont consentis ont été revus à la hausse », a fait observer le chef de l’Etat.

Quant à la récidive de conflit entre les principaux dirigeants somaliens, le Président de la République a estimé que « la Constitution adoptée ne définissait peut-être pas suffisamment assez les prérogatives dévolues à chacun des deux plus hauts responsables de l’exécutif et que cette situation créait donc un affrontement systématique ».

« La controverse permanente engagée à la tête de l’Etat et sa conséquence la plus insoutenable qui est l’instabilité gouvernementale sont préjudiciables aux efforts de reconstruction de la Somalie », a martelé le président de la République, convenant de « la nécessité de procéder, une bonne fois pour toute, à une exploration nouvelle de la Constitution aux fins de déceler les éventuels conflits de prérogatives dont elle serait porteuse

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Le Progrès

Bulletin du Rassemblement Populaire pour le Progrès Hebdomadaire Fondé en 1979